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Le chanvre (« hemp » en anglais) revient dans les campagnes françaises. Cette plante très ancienne pousse vite, sans arrosage ni traitement, et tout se valorise, de la tige à la graine. Où le cultive-t-on, quand le sème-t-on et le récolte-t-on, que devient la récolte, et pourquoi dit-on que sa culture est écologique ?
Originaire d’Asie centrale, le chanvre est une plante millénaire ; elle fut domestiquée dès le néolithique.1
En France, il couvrait 176 000 hectares en 1840. On le cultivait pour sa fibre, qui servait aux cordages et aux voiles de la marine comme au linge de maison. Il a ensuite reculé face au jute, puis au coton et aux fibres synthétiques, et avec la fin de la marine à voile. En 1939, il n’en restait que 3 400 hectares1, et la production s’est effondrée après la Seconde Guerre mondiale.2 Dans les années 1960, l’INRA et la fédération des producteurs ont lancé la sélection de variétés pauvres en THC, la molécule psychoactive du cannabis.1
Depuis les années 1990, le chanvre revient en force sous la forme du chanvre industriel, c’est-à-dire des variétés de Cannabis sativa L. pauvres en THC. Il y a trois raisons à ce retour :
En 2024, le chanvre couvrait environ 22 600 hectares en France, cultivés par quelque 1 550 producteurs, selon FranceAgriMer. Les surfaces ont doublé en dix ans.2 Les déclarations des agriculteurs pour la PAC donnent, elles, 23 492 hectares en 2025.3 Le Grand Est en concentre près de la moitié, en particulier autour de Troyes, dans l’Aube.4 Viennent ensuite les Pays de la Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Île-de-France et la Normandie.3
Le chanvre se cultive sous contrat avec une chanvrière, l’usine qui transforme la paille et les graines.5 Il en existe sept, toutes dans la moitié nord du pays.2
Le chanvre est une culture de printemps, semée à partir d’avril. On le récolte à deux moments, selon ce que l’on veut obtenir : dès la mi-août, à la fin de la floraison, si l’on ne veut que la paille, c’est-à-dire les tiges ; ou courant septembre, quand les graines sont mûres, pour récolter à la fois les graines et la paille. Une fois fauchée, la paille reste une dizaine à une vingtaine de jours au sol. C’est le rouissage : l’humidité et les micro-organismes du sol décollent les fibres du cœur de la tige.2
La plante peut dépasser 2 mètres de haut. Un hectare donne de 6 à 8 tonnes de paille et environ une tonne de graines. On ne peut semer que des semences certifiées, issues de variétés dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,3 %.26
Avec plus de la moitié des surfaces cultivées, la France est le premier producteur européen de chanvre, et le deuxième au monde après la Chine.2 Elle assure plus de 60 % de la production de l’Union européenne, loin devant l’Allemagne et les Pays-Bas. En 2022, le chanvre couvrait 33 020 hectares en Europe.7
Rien ne se perd. Une fois la récolte livrée à la chanvrière, la plante donne quatre produits2 :
Pressée, la graine donne l’huile de chanvre. Elle est riche en acides gras polyinsaturés : en moyenne 54 % d’acide linoléique (un oméga-6) et 20 % d’acide alpha-linolénique (un oméga-3), d’après une étude portant sur 52 variétés.8 Notre huile végétale de chanvre bio s’utilise en cuisine comme en soin de la peau et des cheveux.
Plusieurs raisons font du chanvre une culture particulièrement respectueuse de l’environnement :
Le chanvre rend aussi service à l’agriculteur qui alterne les cultures sur un même champ. Les agronomes le classent parmi les excellentes « têtes de rotation » : il prépare très bien le terrain pour une culture plus exigeante. Le blé semé après un chanvre, par exemple, donne de meilleurs rendements.25
Enfin, le chanvre pousse si vite qu’il étouffe les mauvaises herbes5 : entre le semis et la récolte, il ne demande presque aucun entretien. On comprend pourquoi de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers cette culture aux nombreux débouchés.
Environ 22 600 hectares en 2024, par quelque 1 550 producteurs, selon FranceAgriMer, et 23 492 hectares en 2025 selon les déclarations PAC. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans, et cela fait de la France le premier producteur européen.
On le sème à partir d’avril. On le récolte dès la mi-août si l’on ne veut que la paille (les tiges), ou en septembre pour avoir aussi les graines.
Il n’existe pas de chiffre officiel public sur la marge d’un hectare de chanvre. Les repères disponibles sont agronomiques : de 6 à 8 tonnes de paille et environ une tonne de graines par hectare, et un meilleur rendement pour le blé qui suit. La culture se fait sous contrat avec une chanvrière : c’est auprès d’elle, ou de la chambre d’agriculture, qu’un agriculteur s’informe des conditions de prix.
Il pousse sans irrigation ni pesticide, demande peu d’azote, étouffe les mauvaises herbes et abrite les prédateurs des ravageurs. Un hectare fixe aussi de 9 à 15 tonnes de CO2, et le sol reste en bon état pour la culture suivante.