Les formations pour devenir Herboriste

Les formations pour devenir Herboriste 1

L’intĂ©rĂȘt croissant pour les mĂ©decines alternatives et naturelles a conduit Ă  un renouveau notable de l’herboristerie en France, qui attire dĂ©sormais un nombre croissant de vocations. Ces derniĂšres annĂ©es, les formations en herboristerie se sont multipliĂ©es, rĂ©pondant Ă  une demande accrue de professionnels bien formĂ©s.

Un aperçu de l’histoire de l’Herboristerie

Le mĂ©tier d’herboriste, c’est-Ă -dire celui qui Ă©tudie et utilise les plantes Ă  des fins mĂ©dicinales, est l’un des plus anciens de l’humanitĂ©. DĂšs l’AntiquitĂ©, des figures emblĂ©matiques comme Hippocrate en GrĂšce, puis plus tard Dioscoride, ont systĂ©matisĂ© l’usage des plantes pour traiter divers maux. Au Moyen Âge, les moines dans les monastĂšres jouaient Ă©galement un rĂŽle crucial dans la conservation et l’enseignement des connaissances botaniques et mĂ©dicinales, une tradition qui s’est poursuivie et dĂ©veloppĂ©e dans les universitĂ©s europĂ©ennes de la Renaissance.

Avec l’arrivĂ©e de la pharmacopĂ©e moderne au XIXe siĂšcle, le mĂ©tier d’herboriste a commencĂ© Ă  se structurer davantage, Ă©voluant parallĂšlement aux avancĂ©es scientifiques qui ont permis une meilleure comprĂ©hension des propriĂ©tĂ©s chimiques des plantes. En France, le mĂ©tier Ă©tait jadis reconnu et rĂ©glementĂ©, avec des diplĂŽmes dĂ©livrĂ©s jusqu’au milieu du XXe siĂšcle.

La disparition de la reconnaissance officielle du diplĂŽme

La profession d’herboriste a connu un tournant majeur en 1941, lorsqu’elle a Ă©tĂ© abolie en France par le rĂ©gime de Vichy, qui a interdit la dĂ©livrance du diplĂŽme d’herboriste, jugeant que la profession n’Ă©tait pas conforme aux standards de la mĂ©decine moderne de l’Ă©poque. Cette dĂ©cision a poussĂ© le mĂ©tier dans une semi-clandestinitĂ©, oĂč les praticiens Ă©taient souvent rĂ©duits Ă  opĂ©rer en marge de la lĂ©galitĂ©. Pendant des dĂ©cennies, l’herboristerie a subsistĂ© principalement grĂące Ă  la transmission de savoirs traditionnels et Ă  l’enthousiasme de passionnĂ©s.

Le renouveau des formations

Cependant, les derniĂšres dĂ©cennies ont vu un renouveau spectaculaire de l’intĂ©rĂȘt pour l’herboristerie, stimulĂ© par une recherche croissante sur les bĂ©nĂ©fices des traitements naturels et par une demande consommateur pour des alternatives plus vertes et plus saines aux mĂ©dicaments conventionnels. Ce renouveau a Ă©galement Ă©tĂ© portĂ© par une critique plus large de l’industrie pharmaceutique et par un dĂ©sir collectif de retourner Ă  des formes de soins plus personnalisĂ©es et en harmonie avec la nature.

Cependant, en dĂ©pit de la diversitĂ© croissante des formations et du regain d’intĂ©rĂȘt pour les pratiques naturelles, la commercialisation de nombreuses plantes reste aujourd’hui cantonnĂ©e au monopole pharmaceutique. Cette situation limite parfois l’accĂšs aux plantes mĂ©dicinales pour les herboristes non-pharmaciens et soulĂšve des questions sur les pratiques de santĂ© intĂ©grative et les droits Ă  utiliser des ressources naturelles pour le bien-ĂȘtre.
Encore aujourd’hui, les formations en herboristerie ne mĂšnent pas Ă  un diplĂŽme universitaire traditionnel comme celui en pharmacie, elles dĂ©bouchent sur des certifications spĂ©cialisĂ©es qui gagnent en reconnaissance et respect au sein des milieux de santĂ© et de bien-ĂȘtre. Les diplĂŽmĂ©s de ces programmes sont de plus en plus recherchĂ©s, non seulement dans des cadres thĂ©rapeutiques, mais aussi dans les industries de la beautĂ© et du bien-ĂȘtre, la recherche, et l’Ă©ducation sanitaire, reflĂ©tant ainsi l’Ă©largissement du champ d’application et l’acceptation croissante de l’herboristerie comme une profession sĂ©rieuse et nĂ©cessaire.

les formations phares pour devenir Herboriste en France

École Lyonnaise des Plantes MĂ©dicinales et des Savoirs Naturels (ELPM)

L’École Lyonnaise des Plantes MĂ©dicinales et des Savoirs Naturels (ELPM) offre un large Ă©ventail de formations, depuis l’initiation jusqu’aux cours professionnels de longue durĂ©e. SituĂ©e au cƓur de Lyon, cette Ă©cole se distingue par son approche pratique et immersive. Les Ă©tudiants bĂ©nĂ©ficient de sorties botaniques, de travaux pratiques en laboratoire, et d’une interaction Ă©troite avec des professionnels expĂ©rimentĂ©s. Leur curriculum couvre la botanique, la phytothĂ©rapie, ainsi que l’aromathĂ©rapie, prĂ©parant les Ă©tudiants Ă  une carriĂšre diversifiĂ©e dans le domaine des plantes mĂ©dicinales.

L’École des Plantes de Paris (EDPP)

L’École des Plantes de Paris (EDPP), reconnue pour son expertise depuis plus de trente ans, offre des programmes qui s’adressent aussi bien aux passionnĂ©s qu’aux futurs professionnels. Les formations de l’EDPP sont conçues pour offrir une comprĂ©hension profonde de la botanique, des propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales des plantes, et des techniques de prĂ©paration des remĂšdes. Avec des cours thĂ©oriques renforcĂ©s par de nombreux ateliers pratiques, cette Ă©cole parisienne met un point d’honneur Ă  lier thĂ©orie et pratique, fournissant ainsi Ă  ses Ă©tudiants les outils nĂ©cessaires pour utiliser ou conseiller efficacement les plantes mĂ©dicinales.

École Bretonne d’Herboristerie (EBH)

L’École Bretonne d’Herboristerie (EBH), situĂ©e dans la pittoresque rĂ©gion de Bretagne, se concentre sur les plantes locales et leur utilisation traditionnelle. Cette Ă©cole propose des formations qui vont de l’initiation Ă  des programmes de formation continue pour les professionnels. Les cours exploitent la richesse botanique locale et sont souvent complĂ©tĂ©s par des stages pratiques en milieu naturel, permettant aux Ă©tudiants de se familiariser avec la cueillette et l’utilisation durable des ressources vĂ©gĂ©tales. L’EBH est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e pour son engagement envers les pratiques Ă©cologiques et durables.

L’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (ARH)

L’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (ARH) joue un rĂŽle crucial non seulement dans la formation mais aussi dans la dĂ©fense des droits des herboristes en France. Elle propose des sĂ©minaires, des ateliers et des formations certifiantes qui mettent l’accent sur la mĂ©decine traditionnelle et l’innovation dans l’utilisation des plantes. L’ARH s’efforce de moderniser l’approche de l’herboristerie tout en respectant les savoirs ancestraux, bridant ainsi passĂ© et futur pour former des herboristes bien informĂ©s et responsables.

IMDERPLAM – Institut MĂ©diterranĂ©en de Documentation, d’Enseignement et de Recherches sur les Plantes MĂ©dicinales

IMDERPLAM se distingue par son focus sur la recherche scientifique et l’ethnobotanique. SituĂ© dans le sud de la France, cet institut offre une richesse de ressources, y compris une importante bibliothĂšque de travaux sur les plantes mĂ©dicinales. Les programmes de formation d’IMDERPLAM sont particuliĂšrement adaptĂ©s Ă  ceux qui s’intĂ©ressent non seulement Ă  la pratique de l’herboristerie mais aussi Ă  la contribution Ă  l’avancement scientifique dans ce domaine. Leurs cours englobent des Ă©tudes approfondies sur la phytothĂ©rapie, la botanique mĂ©dicale, et les interactions entre plantes et mĂ©dicaments, prĂ©parant les Ă©tudiants Ă  des carriĂšres de recherche ou de consultation spĂ©cialisĂ©e.

La FĂ©dĂ©ration Française des Écoles d’Herboristerie (FFEH) et son rĂŽle fĂ©dĂ©rateur

La FĂ©dĂ©ration Française des Écoles d’Herboristerie (FFEH) joue un rĂŽle pivot dans le paysage de l’herboristerie en France en fĂ©dĂ©rant les initiatives des diffĂ©rentes Ă©coles spĂ©cialisĂ©es. Cette association, regroupant des institutions telles que l’École Lyonnaise des Plantes MĂ©dicinales et des Savoirs Naturels (ELPM), L’École des Plantes de Paris (EDPP), l’École Bretonne d’Herboristerie (EBH), l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (ARH), et l’Institut MĂ©diterranĂ©en de Documentation, d’Enseignement et de Recherches sur les Plantes MĂ©dicinales (IMDERPLAM), Ɠuvre Ă  promouvoir l’herboristerie Ă  travers le dialogue, la standardisation des programmes de formation, et le dĂ©veloppement de meilleures pratiques.

RĂŽle et objectifs

La FFEH vise Ă  assurer la cohĂ©rence et la qualitĂ© des formations proposĂ©es en herboristerie en France. En crĂ©ant un cadre commun, elle permet non seulement de maintenir des standards Ă©levĂ©s mais aussi de faciliter la reconnaissance des qualifications d’herboriste tant au niveau national qu’international. La FĂ©dĂ©ration s’engage Ă©galement Ă  promouvoir la profession d’herboriste, travaillant activement pour le rĂ©tablissement d’un cadre lĂ©gal clair et reconnu pour la pratique de l’herboristerie.

Initiatives et actions

La FFEH organise rĂ©guliĂšrement des confĂ©rences, des ateliers et des sĂ©minaires qui rĂ©unissent les experts et les passionnĂ©s de l’herboristerie. Ces Ă©vĂ©nements sont des occasions cruciales pour le partage de connaissances, l’Ă©change de pratiques et la mise en rĂ©seau des professionnels et Ă©tudiants dans le domaine. Par ailleurs, la FĂ©dĂ©ration travaille en Ă©troite collaboration avec les pouvoirs publics et les institutions de santĂ© pour influencer les politiques relatives aux mĂ©decines alternatives et complĂ©mentaires.

Promotion et sensibilisation

En plus de son rĂŽle Ă©ducatif et rĂ©glementaire, la FFEH joue un rĂŽle significatif dans la sensibilisation du grand public aux avantages des plantes mĂ©dicinales et des traitements naturels. Elle s’efforce de dĂ©mystifier l’herboristerie et de la rendre plus accessible Ă  tous, soulignant son importance dans une approche de santĂ© holistique et prĂ©ventive.

Support aux Ă©coles membres

Pour ses Ă©coles membres, la FFEH offre une plateforme de ressources qui comprend des matĂ©riaux pĂ©dagogiques, des directives pour l’accrĂ©ditation et la certification, ainsi que des opportunitĂ©s de dĂ©veloppement professionnel continu pour les enseignants. Cette synergie entre les diffĂ©rentes Ă©coles permet d’unifier les mĂ©thodes d’enseignement et de renforcer la communautĂ© des herboristes en France.

Initiatives rĂ©centes pour la reconnaissance du diplĂŽme d’Herboriste

Au cours des derniĂšres annĂ©es, il y a eu un mouvement notable en France visant Ă  rĂ©tablir la lĂ©gitimitĂ© et la reconnaissance officielle du diplĂŽme d’herboriste. PortĂ©es par des associations professionnelles telles que la FĂ©dĂ©ration Française des Écoles d’Herboristerie (FFEH) et soutenues par un rĂ©seau grandissant d’Ă©ducateurs, de professionnels de la santĂ©, et de personnalitĂ©s politiques.

Les dĂ©marches rĂ©centes visant Ă  reconnaĂźtre la formation et le mĂ©tier d’herboriste en France ont connu plusieurs dĂ©veloppements clĂ©s:

  1. CrĂ©ation de la FFEH (2015) : La FĂ©dĂ©ration Française des Écoles d’Herboristerie a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour rassembler les Ă©coles d’herboristerie, soutenir la profession et promouvoir des standards Ă©ducatifs Ă©levĂ©s.
  2. Rapport Parlementaire (2018) : Un rapport parlementaire, portĂ© par le sĂ©nateur JoĂ«l LabbĂ©, recommandant le rĂ©tablissement du diplĂŽme d’herboriste a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©, soulignant la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre officiellement la profession et d’intĂ©grer l’herboristerie plus efficacement dans le systĂšme de santĂ© français.
  3. Tentative de Certification RNCP (2022) : La FFEH a tentĂ© d’enregistrer une certification de Conseiller en herboristerie au RĂ©pertoire National des Certifications Professionnelles, qui a Ă©tĂ© rejetĂ©e. Cela a mis en lumiĂšre les dĂ©fis rĂ©glementaires toujours prĂ©sents dans la reconnaissance de cette profession.

Chez Herborisia, toute l’Ă©quipe est issue d’une formation spĂ©cialisĂ©e dans le domaine des plantes mĂ©dicinales et / ou du bien-ĂȘtre.