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Le CBG, ou cannabigérol, est un cannabinoïde, c’est-à-dire une molécule naturelle du chanvre, au même titre que le CBD. On le surnomme parfois la « mère des cannabinoïdes », car c’est à partir de lui que la plante fabrique les principaux cannabinoïdes, dont le CBD et le THC123. Comme le CBD, il ne fait pas planer34.
Moins connu que son cousin, il intéresse de plus en plus les chercheurs, et les premiers essais chez l’humain commencent à paraître. Que montrent-ils, en quoi le CBG se distingue-t-il du CBD et que dit la loi française ?
Le chanvre produit plus de 100 cannabinoïdes, une famille de molécules caractéristique de cette plante. Le CBG est le précurseur des plus abondants d’entre eux2 : à mesure que la plante grandit, des enzymes transforment sa forme de départ, le CBGA, en d’autres cannabinoïdes, notamment en CBD56.
C’est pourquoi la plupart des chanvres en contiennent peu. Il existe toutefois des plantes où il reste majoritaire1 : c’est d’elles que viennent les « fleurs CBG ».
Le CBG et le CBD sont deux molécules voisines, que la plante fabrique de la même manière. Elles n’agissent pourtant pas tout à fait de la même façon.
Notre corps possède des récepteurs, sortes de petites serrures sur lesquelles viennent se fixer les cannabinoïdes. Le CBG s’y fixe plus facilement que le CBD, mais moins que le THC, et il agit aussi sur d’autres récepteurs, liés à l’adrénaline et à la sérotonine2. Pour aller plus loin, lisez notre article sur les effets du CBD sur le cerveau et le système endocannabinoïde.
Aucun des deux ne produit l’effet planant du THC. Pour le CBG, deux essais vont dans ce sens. En 2024, les participants n’ont rien ressenti de tel par rapport à un placebo, et leurs résultats n’ont pas baissé à un test sur téléphone conçu pour repérer les effets du cannabis sur les réflexes et l’attention3. En 2026, à des doses plus fortes, les effets ressentis sont restés très faibles4.
Le CBD reste toutefois bien plus étudié, alors que les recherches sur le CBG sont encore rares2. En France, les deux suivent les mêmes règles : les fleurs sont autorisées sous conditions, les compléments et les aliments ne le sont pas.
Les premiers essais donnent quelques pistes, qui restent à confirmer. Et comme toujours avec les plantes, chacun réagit à sa façon : ce qui fait de l’effet chez une personne peut en faire moins chez une autre. Dans l’essai de 2026, à dose égale, la quantité de CBG dans le sang variait d’ailleurs nettement d’un participant à l’autre4.
On cite aussi souvent une enquête en ligne menée auprès de 127 utilisateurs de produits riches en CBG. La plupart s’en disaient satisfaits, notamment pour l’anxiété et le sommeil. Il s’agit toutefois de témoignages, sans groupe de comparaison, et les auteurs appellent eux-mêmes à mener des essais contrôlés1.
Le reste de la recherche se fait en laboratoire, où les chercheurs explorent l’appétit9, l’inflammation de l’intestin10, le système nerveux1112 ou encore l’action du CBG sur certaines bactéries13. À très fortes doses, une étude a aussi relevé des troubles de l’attention chez des rates14.
Ces travaux ouvrent des pistes, mais ils ne disent pas ce qui se passe chez l’humain et ne permettent d’attribuer au CBG aucun effet sur une maladie. Si vous souffrez d’un trouble de santé, parlez-en à un médecin. N’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement de votre propre chef.
On lit souvent que les molécules du chanvre sont plus efficaces ensemble que séparément : c’est ce qu’on appelle l’« effet d’entourage ». L’expression vient pourtant d’une étude de 1998, menée par l’équipe de Raphaël Mechoulam, qui ne portait ni sur le CBG ni sur la plante, mais sur des molécules produites par notre propre corps15.
C’est Ethan Russo qui, en 2011, a étendu cette idée aux composés du cannabis, dont le CBG et les terpènes16. L’hypothèse est séduisante, mais les chercheurs restent prudents : les études donnent des résultats contradictoires17, et certains invitent à ne pas la présenter trop vite comme établie18. Pour le duo CBD-CBG, on ne dispose encore que d’une étude sur des cellules12 et du mélange testé chez les sportifs8.
Les données disponibles portent sur une utilisation de courte durée. Dans l’essai de 2026, aucun effet indésirable lié au CBG n’a été relevé et les analyses du foie sont restées normales après les deux doses les plus fortes. Les auteurs souhaitent maintenant des études avec des prises répétées4. Dans celui de 2024, la bouche sèche, les yeux secs, la somnolence, l’appétit et les palpitations n’étaient pas différents avec le CBG et avec le placebo3.
Dans l’enquête menée auprès des 127 utilisateurs, 44 % ne signalaient aucun effet indésirable. Les plus cités étaient la bouche sèche (16,5 %), la somnolence (15 %), l’augmentation de l’appétit (11,8 %) et les yeux secs (8,7 %)1.
Ces études portent sur des adultes, pour la plupart en bonne santé, et aucune n’a examiné les interactions avec des médicaments. Si vous êtes enceinte, si vous allaitez ou si vous suivez un traitement, demandez donc l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Enfin, les fleurs de CBG peuvent contenir jusqu’à 0,3 % de THC, qui peut être détecté lors d’un dépistage au volant. Pour en savoir plus, lisez Peut-on conduire après avoir consommé du CBD ?
Le CBG n’est pas classé comme stupéfiant en France. Plusieurs cannabinoïdes obtenus par transformation chimique, comme le HHC ou le H4CBD, ont été inscrits sur cette liste en 2024, mais pas lui19 (voir H4CBD interdit en France). Pour le reste, tout dépend du produit.
Les fleurs de CBG suivent les mêmes règles que les fleurs de CBD. L’arrêté du 30 décembre 2021 n’autorise que les variétés de chanvre inscrites aux catalogues officiels et dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,3 %20, et le Conseil d’État a annulé en 2022 l’interdiction de vendre les fleurs et feuilles brutes21. Sur ce seuil, lisez Taux de THC autorisé en France et en Europe.
Les compléments et les aliments au CBG, eux, ne sont pas autorisés. Dans l’Union européenne, les extraits de chanvre contenant des cannabinoïdes sont considérés comme de « nouveaux aliments », qui ne peuvent être vendus qu’après une autorisation, inexistante à ce jour22. Depuis mai 2026, les services du ministère de l’agriculture contrôlent toutes les denrées contenant ou mettant en avant « du CBD ou tout autre cannabinoïde » sur leur étiquetage23. Le CBG est donc concerné (voir CBD alimentaire interdit en France depuis le 15 mai 2026).
Non. Dans les essais menés chez l’humain, les participants n’ont pas ressenti d’effet planant, et le test de réflexes et d’attention passé dans l’un d’eux n’a montré aucune baisse. Attention toutefois : les fleurs de CBG peuvent contenir jusqu’à 0,3 % de THC.
Les études n’en sont qu’à leurs débuts, et le CBG n’a pas encore livré tous ses secrets. Parmi les amateurs de chanvre, on entend souvent que le CBD serait plutôt associé à la détente et au stress tandis que le CBG serait plutôt associé aux douleurs. Ce sont des impressions d’usagers, que la recherche n’a pas vérifiées.
À court terme, il a été bien toléré dans les essais. Les utilisateurs interrogés citent surtout la bouche sèche, la somnolence, l’augmentation de l’appétit et les yeux secs. Les effets d’une utilisation prolongée et les interactions avec les médicaments n’ont pas encore été étudiés.
Le CBG n’est pas classé comme stupéfiant. Les fleurs sont autorisées si elles proviennent de variétés inscrites aux catalogues officiels et contiennent au plus 0,3 % de THC. Les compléments et les aliments au CBG ne sont pas autorisés, pas plus que ceux au CBD.
Le dépistage recherche le THC. Comme les fleurs de CBG peuvent en contenir jusqu’à 0,3 %, un test peut être positif après leur consommation.