Conduire sous CBD, quels sont les risques?

Conduire sous CBD, quels sont les risques? 1

Conduire sous CBD, c’est risqué ou pas? À en croire les nombreux messages postés sur les divers forums de France et d’ailleurs, les avis sont très partagés. Certains se fient au faible taux de THC contenu dans le cannabis à 0.2% pour ressortir blanchis d’un contrôle, alors que d’autres se montrent nettement plus prudents sur le sujet. 

Il est temps de se pencher vraiment sur la question et de trancher une bonne fois pour toutes.

D’après une étude (1) consacrée aux accidents mortels impliquant la consommation d’alcool ou de stupéfiants, il s’avère que l’ivresse est la cause de dix fois plus d’accidents fatals que le cannabis. 

Il apparaît également – et ceci peut sembler paradoxal – que le cannabis engendre un comportement plus prudent de la part des conducteurs. À bien y réfléchir, ce n’est pas vraiment étonnant: le cannabis agit comme une substance calmante, alors que l’alcool est connu pour être un puissant excitant (2). Par extension, on comprend bien que conduire sous CBD n’engendre pas d’effet ‘fou du volant’ chez ses utilisateurs. 

Toutefois, les autorités restent très sévères en matière de stupéfiants et les utilisateurs de CBD à 0.2% se retrouvent dans le même panier que ceux consommant du THC ‘dur’. Ceci est principalement dû au fait qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques et des technologies de contrôle, détecter avec précision le taux de THC d’un individu est simplement impossible.

En France, la loi ‘Marilou’ (du prénom d’une fillette tragiquement tuée par un conducteur sans permis présentant des traces de THC dans le sang) sanctionne lourdement les automobilistes dès lors que le taux de THC sanguin dépasse 1ng/ml. Ces quantités sont exprimées en nanogrammes et représentent une concentration infinitésimale, de l’ordre de 0.000’000’001g par millilitre de sang!

source: www.norml.fr

À titre de comparaison, la loi Suisse prévoit des sanctions à l’encontre des automobilistes présentant un taux de thc sanguin de 1,5µg (microgramme) (3) , soit une tolérance 1’500 fois plus élevée que celles des dispositifs de contrôles utilisés en France…

Rappelons que le seuil de 1 ng/ml ne repose sur aucune preuve scientifique et qu’il est volontairement placé le plus bas possible de manière à obtenir un résultat positif et pénalement répréhensible dans le plus grand nombre de cas possibles.

Ces tests sont d’autant plus trompeurs que la prise de CBD/THC et par là son emprise sur le consommateur dépend de son habitude, de sa tolérance ou encore du taux de substances actives contenues dans le produit consommé.

Si on ajoute à cela le fait que des traces de THC peuvent apparaître dans le sang jusqu’à un mois après la prise (3) , on comprend bien que les dés sont pipés pour les consommateurs.

Qu’on se le dise, ces tests ne servent pas à savoir si une ‘emprise cannabique’ est présente chez le conducteur contrôlé, mais simplement à savoir s’il en a fait usage. Cette pratique est sournoise car dans le cas de l’alcool, on constate exactement le contraire. En effet, rien n’interdit de boire au volant, pour autant que le taux d’alcoolémie ne dépasse pas le seuil légal, basé lui sur des valeurs crédibles et établies.

Conduire sous CBD: un risque à assumer?

À la lumière des éléments présentés, on ne peut que recommander aux consommateurs d’être prudents et de surtout ne pas se baser sur des preuves empiriques ou l’expérience ‘reconnue’ des personnes commentant sur les réseaux et les forums.

Si l’on tient compte du fait qu’actuellement aucun dispositif ne permet de détecter correctement le taux de cbd/thc présent (par voie sanguine ou orale), que les seuils sont artificiellement réduits au minimum pour forcer des résultats positifs et qu’enfin les autorités semblent punir les utilisateurs ‘à la tête du client’, nous avons l’obligation morale de mettre en garde les consommateurs de tout bord: conduire sous cbd représente un risque.

C’est maintenant à vous de décider si ce risque est acceptable et que vous pouvez le gérer.

Sources:

(1) Laumon B, Gadegbeku B, Martin J-L, Biecheler M-B. Cannabis intoxication and fatal road crashes in France : population based case-control study. BMJ. 2005 Dec 10;331(7529):1371

(2) https://www.doctissimo.fr/sante/alcoolisme/effet-alcool

(3) file:///Users/home/Downloads/cannabidiol-merkblatt-vollzugshilfe-final-de.pdf

(4) https://www.norml.fr/droit-legislation/cannabis-et-conduite-automobile-2/